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1 septembre

Rôle des fournisseurs d’accès Internet et des hébergeurs dans la censure

Classé sous Notre monde — Anticensure @ 8 h 57 min

Censure des fournisseurs d'accès Internet et des hébergeurs

Les intermédiaires techniques comme les fournisseurs d’accès Internet enrôlés par les censeurs jouent un rôle de plus en plus important. Les autorités demandent de plus en plus souvent aux intermédiaires techniques que sont fournisseurs d’accès et hébergeurs, de jouer les policiers du Net. Certains cas extrêmes sombrent presque dans le ridicule, comme en Somalie où la milice islamiste Al-Shabbaab a déclaré illicite l’usage d’Internet en janvier 2013. La milice ne disposant évidemment ni des compétences ni des capacités techniques pour couper Internet a intimé l’ordre aux fournisseurs d’accès de mettre un terme à leurs services sous quinze jours. Ironie de l’histoire, cette mesure, afin d’être portée à la connaissance de la population, a été mise en ligne sur des sites Internet favorables aux « shebab ».

Plus insidieux, en France, les lois sur l’égalité homme-femme et la lutte contre la prostitution ont contribué à augmenter la responsabilité des intermédiaires techniques dans le filtrage des contenus après notification. L’article 17 du projet de loi sur l’égalité femmes-hommes oblige les fournisseurs d’accès à Internet et les hébergeurs à identifier et à signaler tout contenu incitant ou provoquant à la haine sur une base sexiste, handiphobe ou homophobe où l’interprétation amène évidemment à toute sortes d’excès et plus globalement à une hystérisation des rapports.

Au Venezuela, le président Nicolás Maduro a obligé les fournisseurs d’accès Internet à filtrer des informations jugées sensibles. Les fournisseurs d’accès Internet ont été sommées de bloquer une cinquantaine de sites qui traitaient du taux de change et de l’inflation galopante, des thèmes contribuant à alimenter la « guerre économique » contre le pays. Ce qui n’a pas empêché de multiples mouvements contestataires de se développer face aux déséquilibres économiques et aux problèmes d’insécurité. Vendredi 24 février 2014, alors que de nombreuses photos des manifestations circulaient sur Twitter, les autorités vénézuéliennes ont à nouveau ordonné aux fournisseurs d’accès de bloquer le service d’images du réseau social Twitter.

En Turquie la sitaution se dégrade aussi gravement, les derniers amendements à la loi n°5651 sur Internet, votés en février 2014, ont transformé les fournisseurs d’accès Internet en véritables instruments de censure et de surveillance des internautes. Ces amendements visent à les réunir au sein d’une nouvelle structure censée centraliser les demandes de blocage et de retrait de contenu. Les FAI n’auront d’autre choix que d’y adhérer et de mettre en place les outils de surveillance imposés par les autorités, sous peine de mettre la clé sous la porte. Le projet de loi impose également aux intermédiaires techniques de conserver des données de connexion des internautes pour une durée de un à deux ans. Ils devront les transmettre aux autorités compétentes sur simple demande. Le texte ne précise pas quelles données devront être fournies, sous quelle forme, ni quel usage en sera fait. D’après les experts, il serait question de l’historique des sites et réseaux sociaux visités, des recherches effectuées, des adresses IP, voire des titres des emails.

Voilà où l’on en est. Les fournisseurs d’accès Internet sont réquisitionnés d’office pour servir de bras armé la censure et le rôle des fournisseurs d’accès Internet et des hébergeurs dans la censure est de plus en plus important.

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4 mars

Entreprises privées et collaborations entre Etats

Classé sous Notre monde — Anticensure @ 9 h 01 min

Salon de l'industrie de l'armement

Dans la liste des Ennemis d’Internet 2014 établie par RSF, on trouve également ce qu’ils nomment les « dealers de la surveillance ». Ils représentes par les trois salons d’armement ISS World, Technology Against Crime et Milipol. Ces forums de l’armement mettent en relation des sociétés spécialisées dans l’interception des communications ou le blocage de contenus en ligne avec des moyens de filtrage pour la cyber-censure. Ces sociétés de l’arment sont en relation avec des officiels et des représentants des gouvernements d’Iran de Chine ou du Bahreïn. Là encore, il convient de pointer le comportement ambivalent des démocraties occidentales : en 2013, TAC et Milipol étaient tous deux accueillis chaleureusement par la France. En décembre de la même année, cette dernière publiait pourtant un avis contraignant les sociétés françaises exportatrices de matériel de surveillance hors Union européenne à demander une autorisation auprès de la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services. Voilà de quoi laisser perplexe. Ou pas.
Il faut bien comprendre que la censure et la surveillance par les institutions ennemies d’Internet ne seraient pas possibles sans les outils développés par les sociétés privées fréquentant les allées et les stands de ces salons. La responsabilité de ces sociétés est donc grande, et elles agissent en parfaite connaissance de cause. L’agence de sécurité des réseaux d’information en Éthiopie a traqué des journalistes jusqu’aux États-Unis grâce à des logiciels espions fournis par la société italienne Hacking Team, désignée « Ennemi d’Internet » par RSF en 2013. La NSA elle-même a fait appel aux services de la société française Vupen spécialisée dans la découverte et l’exploitation de failles de sécurité. Encire une fois, double discours ou plutot actes qui sont non conformes aux paroles des pays impliquées. Cette double face, respectable en façade, cynique dans son fonctionnement est une constante dans le monde de l’armement et de cyber-surveillance. La raison en est très simple : cela représente des marchés aux revenues collossaux, mais en même temps c’est un sujet qui peut heurter ce que l’on appelle l’opinion publique.
Les entreprises privées ne sont pourtant pas les seules, loin de là, à équiper les pays Ennemis d’Internet en technologies de surveillance. La Russie a exporté son système de surveillance SORM, chez ses proches voisins. En Biélorussie, un décret impose aux fournisseurs d’accès Internet l’installation de SORM. On connaît par ailleurs l’interconnexion politique très forte entre Russie et Biélorussie.
L’Iran peine à créer ce qu’elle voudrait être un « Internet halal ». L’Iran voudrait un réseau national déconnecté du Web et placé sous le contrôle absolu des autorités iraniennes. La Chine, passée maître dans le contrôle de l’information en ligne depuis l’édification de sa « Grande Muraille numérique », vient à la rescousse des Gardiens de la révolution, du Conseil suprême du cyber-espace et du Groupe de travail de détermination de contenus criminels. Cette collaboration a été annoncée par le vice-ministre de l’information iranien, à l’occasion d’une visite d’officiels chinois.
Les élans pédagogiques de la Chine ne s’arrêtent pas là : le site d’information indépendant Zambian Watchdog a fait état en février 2013 de la collaboration intensive des autorités zambiennes avec la Chine pour installer un système de surveillance du réseau Internet. La Chine s’implique dans tous les domaines qu’elle peut sur le continent africain. Les blocages des sites Zambia Watchdog et Zambia Reports entre juin et juillet 2013 témoignent de la volonté de la Zambie de contrôler l’information en ligne. La Chine est également présente en Ouzbékistan par l’intermédiaire de la société ZTE. Celle-ci, qui y a ouvert un bureau en 2003, est devenue le principal fournisseur du pays en modems et routeurs.

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